
MENTAL WORLD
INTRO
Fading and growing bonds: under process.
IRAN

This is probably how
everything
started.

– 17th of June 2025 –
The news is terrifying.
The place where my photo-series started ten years ago is currently being bombed. I’m thinking of my friends and all those struggling to stay safe in the middle of this violence and insecurity.
Can a place still be called “home” when safety is no longer guaranteed?


~English below
Ces chantiers parlent de choses en devenir, mais ne vous y méprenez pas : ces photos évoquent tout ce qui ne sera plus. Elles sont le fil rouge des deuils successifs qui ont ponctué ma vie ces 6 dernières années. Elles montrent, en négatif, les personnes et les lieux que j’ai dû laisser partir. Il y en a eu d’autres, bien-sûr – des rencontres, des milieux, des états de soi. Il y a eu de nouvelles fondations, de nouvelles fenêtres sur le monde, de nouveaux jardins. Mais, étonnement, cette documentation improvisée au fil des années n’a de cesse de me rappeler les deuils, tantôt lents et progressifs, tantôt soudains et brutaux, de ce à quoi je dois apprendre à renoncer.
—ENGLISH
These construction sites speak of things yet to come, but don’t be mistaken: these photos capture everything that won’t be anymore. They trace the losses that have marked my life over the past six years, showing, in reverse, the people and places I had to let go of. There were new ones, of course – connections, environments, states of being. There have been new foundations, new open windows to the world, new gardens. But, surprisingly, this improvised documentation keeps reminding me of the losses – sometimes gradual, sometimes sudden and harsh – that I must learn to let go of.
RUSSIA


~English below~
“Pofigism n’a pas de traduction en français. Ce mot russe désigne une attitude face à l’absurdité du monde et à l’imprévisibilité des événements. Le pofigisme est une résignation joyeuse, désespérée face à ce qui advient. Les adeptes du pofigisme accueillent les oscillations du destin sans chercher à en entraver l’élan. Ils s’abandonnent à vivre. Les autres méprisent ce penchant à l’inertie, et lui donnent le nom de fatalisme. Ils ont oublié les vertus de l’acceptation du sort.”
-ENGLISH
“Pofigism has no direct translation in French. This Russian word describes an attitude toward the absurdity of the world and the unpredictability of events. Pofigism is a joyful, yet desperate resignation in the face of whatever happens. Its followers embrace the fluctuations of fate without trying to resist them. They surrender to life. Others dismiss this inclination toward inertia, labeling it fatalism. They have forgotten the virtues of accepting one’s fate.”
-Sylvain Tesson, S’abandonner à vivre
MALAYSIA

DE QUEL MÉTAL

ES-TU FAITE ?
What metal are you made of?
He asked. He yelled.
His eyes were full of hatred.
ARMENIA






~English below~
Avec Gala on a passé quelques jours dans la maison, après un petit road trip dans le Berry. On feuilletait des albums photos et on est tombées sur des photos de votre voyage en URSS, six mois avant sa chute. Gala était scotchée, ses yeux brillaient d’excitation : « Ce sont de véritables photos d’archives ! » Des stands de marchés, de grandes avenues désertes, et des chantiers. Elle pointe du doigt l’un des clichés et s’exclame « C’est Erevan ! J’y étais avec ma mère le mois dernier ! Sur cette place précisément ! »
Depuis que la guerre a commencé, elle n’a pas pu retourner chez elle, à Rostov-sur-le-Don. Elle a donc donné rendez-vous à sa maman dans la capitale arménienne, où elles ont passé dix jours suspendus, presque soustraites à la propagande du Kremlin et le fossé qui se creuse dans leur relation.
Cette photo de chantier que l’on découvre dans cet album, c’est le fil de la vie qui continue. C’est la reconstruction, le temps qui passe, les guerres, les voyages, les nouveaux amours. Les héritages.
—ENGLISH
Gala and I spent a few days in the house, after a little road trip in the region. We were looking through photo albums and came across photos from your trip to the USSR, six months before its fall. Gala was stunned, her eyes shone with excitement: “These are real archive photos!” Market stands, large deserted avenues, and construction sites. She points her finger at one of the pictures and exclaims “It’s Yerevan! I was there with my mother last month! On this square precisely!”
Since the war started, she has not been able to return to her home in Rostov-on-Don. She therefore arranged to meet her mother in the Armenian capital, where they spent ten days almost shielded from the Kremlin’s propaganda and the gap that is widening in their relationship.
This construction site photo that we discover in this album is the thread of life that continues. It’s reconstruction, the passing of time, wars, travels, new loves. It’s all kinds of heritages.
Video by Galina T.
Music by Dominique Fils-Aimé
Montage by myself

USA

For a short yet very profound time,
I belonged there.